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 Amazing Ghost [R]

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Lou Daste

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MessageSujet: Amazing Ghost [R]   Lun 30 Juin - 22:19

Fabuleux. C'était juste... fabuleux. Lou détestait faire les courses, mais alors détestait vraiment. Elle était trop tête en l'air pour ça, et finissait toujours par heurter quelqu'un avec le caddie, ou détruire la tête de gondole d'essuis-tout, ou oubliait sa carte de crédit à la caisse... une catastrophe ambulante. Mais c'était son tour. Elle avait bien essayé de chouiner, de tirer la manche d'Appolinaire, de lui faire sa plus belle moue en rendant sa lèvre inférieure proéminante, mais rien n'y a fait. Jazz lui rapella qu'il y avait été la semaine dernière, et que de toute façon, il avait d'autres projets pour l'après-midi. Soit. Très bien. Tant pis, qu'il ne vienne pas se plaindre quand elle aura pris la mauvaise sauce tomate avec des poivrons dedans auquels il était allergique, ou de l'huile d'arachide ou lieu de l'huile d'olive. On est pas bon pour tout, dans la vie.

Et puis il fallait dire que Lou ne se facilitait pas les choses. Elle déambulait distraitement dans les rayons avec son casque immense sur les oreilles, d'un orange métallique, dodelinant de la tête au rythme de la musique qui prenait possession de ses oreilles. Oh oui, ce casque rembouré était tellement plus agréable que de simples petits écouteurs, et le son était incomparable! Lou résista à l'envie de fermer les yeux et de se laisser emporter, pour éviter d'empaler les gens dans le même rayon qu'elle. Elle murmurait quelque notes qui restaient au fond de sa gorge, et se laissait glisser les deux pieds sur le caddie quand il n'y avait personne en vue. Secouant la tête en se donnant une claque mentale pour être aussi puérile, Lou attrapa les pâtes et les glissant dans le chariot. Puis elle en prit un paquet en forme de papillons. Oh, et un autre en forme de fleurs. Il y en avait même de toutes les couleurs! Faut-il préciser, Lou adorait les pâtes. Son frère lui avait offert un livre de cuisine merveilleux intitulé '101 façons de cuisiner vos pâtes' et elle s'était rendue compte de tout ce qu'on pouvait ajouter pour accompagner cette délicieuse invention. Après 9 paquets différents chargés, Mademoiselle Daste repris sa course vers le rayon liquide.

Le problème aussi, c'est qu'elle s'arrêtait tous les trois mètres pour observer les gens. Elle se mordit la lèvre inférieure en ayant la folle envie de sortir son carnet à dessin de son sac pour dessiner la petite fille blonde magnifique assise dans le chariot à tresser les cheveux de sa maman qui discutait avec une autre dame. Lou resta les coudes appuyés sur le manche du caddie à regarder la petite fille. Au bout de quelques minutes, cette dernière la remarqua et tourna sa petite tête joufflue vers elle, et lui fit un petit sourie où transparaissait sa langue derrière ses petites dents de lait. Le visage de Lou s'étira en un sourire amusé et elle fit un petit signe de main à la jolie poupée. Puis elle disparût, emportée par sa mère dans un autre rayon. Ce qui ramena Lou à la réalité, çela combiné au fait que le vieil homme à côté d'elle, attendant sûrement sa femme embourbée dans un rayon congestionné de monde, la regardait d'un air étrange, la prenant sûrement pour une folle. Il n'avait peut-être pas tord, elle était là depuis 1h45 selon sa montre et n'avait fait qu'à peine la moitié des courses.

Lou arriva enfin au rayon liquide, plus large, plus frais et moins bondé que les autres. Elle disposa son casque autour de son cou, et passa sa main sur les rangées de bouteilles, appréçiant les ondulations du plastique sur le bout de ses doigts. Elle enfourna un pack d'eau dans son caddie, quelque bouteilles de jus d'orange et de la limonade 'maison', même si le goût n'avait rien à voir avec celui de la limonade qui coulait du robinet de chez elle. Puis elle repéra des bouteilles de jus de fraise a un rayon supérieur. Du. Jus. De. Fraise. Seigneur, cette invention avait été envoyé sur terre pour elle. Bien sûr, à y regarder de plus près c'était de l'eau aromatisée ou quelque chose du genre, mais c'était à la fraise. Le cervau de Lou bloqua à cette information. Elle jaugea de la hauteur en maudissant sa petite taille. Un coup d'oeil à droite, puis à gauche, révèlant qu'aucun vendeur n'était à l'horizon pour lui venir en aide. Lou grommela entre ses dents pendant qu'elle grimpait sur le premier étalage à quelques centimètres du sol pour tenter d'atteindre la bouteille. Ses doigts frolaient le plastique dans un bruit de friction, sa langue souffrait le martyr entre ses dents qui l'emprisonnaient pour se concentrer, et elle finit par se saisir de la bouteille. Alléluiaaa...aaaaAAH!

Ce qui devait arriver arriva, et Lou perdit l'équilibre, basculant en arrière. Elle eut des petites étoiles devant les yeux dues à la frayeur de se voir tomber et de savoir que ça va être douloureux. Mais bizarrement la douleur ne vint pas. Bien sûr, elle reçut un choc dans le dos plutôt violent, mais sentis bien qu'elle n'était pas tombée par terre. Non. Elle était tombée sur quelqu'un, et c'était sûrement pire. Humiliant qui plus est. Deux mains fermes encerclèrent sa taille tandis que ses omoplates cognèrent violement contre une épaule. Lou échappa un 'OUCH' tandis que ses doigts se crispèrent sur la bouteille. Une fois les deux pieds au sol et son équilbre pécairement retrouvé, Lou plaça ses cheveux en arrière d'une main et se retourna pour faire face au sauveur/amortisseur qu'elle avait du amocher. Ecarlate de gêne, elle ouvrit la bouche pour s'excuser lorsqu'elle vit enfin le visage du jeune homme.

Ce fut le noir total, et c'était le cas de le dire. Lou cessa de respirer, la bouche ouverte, les yeux hagards, un violent coup de poignard asséné dans son coeur à la vision de la personne devant elle. Un énorme brique lui tomba dans l'estomac et la tête lui tourna. Clignant des yeux à répétition, Lou ne s'était jamais sentie aussi choquée, aussi en vrac de toute sa vie.

Devant elle se trouvait le grand amour de sa vie qui l'avait laissé tombée six mois plus tôt. Elle n'avait plus eût aucune nouvelle depuis. Une vague de peur et d'adrénaline la submergea complètement au point de l'étouffer presque. Un autre sentiment l'accompagnait: la soulagement de le voir encore en vie. Un luxe, lorsque l'on connait le train de vie du jeune homme.


" Black... " lâcha-t-elle dans un murmure ému et etouffé.

Il était là devant elle. Il était vivant. Il était dans le même supermarché qu'elle. Il était encore plus fascinemment beau que dans tous ses souvenirs. Il était surtout complètement pris au dépourvu.
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Black Leest
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MessageSujet: Re: Amazing Ghost [R]   Mer 2 Juil - 19:51

L’espace d’un instant, il crut assister à un chef d’œuvre. L’horizon se dessinait sous ses yeux ébahis, sans la moindre rature. L’air maniait son fusain avec une habileté prodigieuse, proche de celle d’un artiste, bien qu’il n’entre pas dans cette catégorie. Non l’air était un prestidigitateur, un illusionniste capable d’altérer la perception de n’importe quel humain. Et l’image qu’il venait de créer, celle qui se dressait devant Black, comportait une faille non négligeable : le supermarché de Mountain Road. Jamais, au grand jamais, Black ne pourrait mêler la perfection d’un paysage montagnard à l’horrible repère des consommateurs de masse. A n’en pas douter, la supérette était l’ombre du tableau, celle qui d’ailleurs permit de ramener illico presto le jeune homme à sa réalité chimérique.

A sa vie ou plutôt à son brouillon de vie car on ne peut pas dire qu’elle ait été brillamment réussie. Et comble de tout, il allait - d’ici quelques minutes - enfreindre la loi suprême et pénétrer dans l’antre de Satan, dans ce lieu jonchés de rayonnages où il n’avait pas mis les pieds depuis belle lurette. Black s’arrangeait toujours pour trouver une bonne poire - une fille, généralement, allez savoir pourquoi - susceptible de faire les courses - enfin, si toutefois on considère qu’acheter 5 mots griffonnés sur une liste revient à faire des courses - à sa place. Cet endroit avait le don de le rendre malade. Non pas que la climatisation des rayons surgelés soit trop poussée - encore qu’il ait chopé une grippe à cause de ces foutues machines, il y a des années de ça - mais plutôt parce que cette profusion de nourriture lui donnait la nausée. Il y avait trop de choix pour cet élitiste de nature.

Une fois devant, il sortit son paquet de cigarettes, alluma son deuxième poison préféré - pour ne pas dire indispensable - et s’adossa contre un poteau, comme s’il tenait à profiter au maximum de ces derniers instants de répit. Soufflant la fumée avec nervosité, il vit plusieurs regards se tourner vers lui. Le cauchemar commençait. Un cauchemar qui - et c’est probablement le pire - bien souvent naissait tout bêtement de la paranoïa du jeune homme. Black interprétait tout regard posé sur lui - sauf deux, bien sur - comme un blâme, une agression feinte. Il ne pouvait pas croire un seul instant que quelqu’un puisse le regarder avec douceur, condescendance voire même attirance. Ceci expliquant cela, il n’avait jamais compris - non plus - pourquoi tant de filles lui tournaient autour. Ni comment et par quel miracle il avait pu plaire à LA fille. Parfois il s’imaginait et la seule chose qu’il retenait de lui c’était sa propre obscurité, mentale comme physique. Black ressemblait à un monochrome. Un monochrome noir. Avec son pull à capuche noir. Son pantalon noir. Ses chaussures noires. Ses ongles noirs. Ses cheveux noirs. Et ses yeux bleus, rescapés solitaires d’un jeune homme à l’allure si nocturne.

Son pied vint écraser la cigarette au sol et il se décida enfin à pénétrer dans le supermarché, le regard aux aguets. Divers affiches défilèrent sous ses yeux ; une seule retint son attention : les laitages. En se dirigeant vers le rayon, il remarqua qu’il avait oublié de prendre un caddie mais se ravisa aussitôt : il n’en aurait absolument pas besoin. Alors qu’il s’emparait de plusieurs packs de compotes de pomme, il sentit un regard curieux se poser sur lui. Il détourna la tête et tomba nez à nez avec une blonde, le genre pas écervelé, pour une fois. Elle lui adressa un sourire poli - charmeur peut-être mais peu lui importait - sourire auquel naturellement, il ne répondit pas. Il se contenta de la dévisager, sans pour autant porter un regard négatif sur elle. Il l’observa longuement, sans bouger d’un fil, jusqu’à ce qu’elle se décide à céder. A détourner les yeux. Ce qu’elle fit. Le regard pleinement satisfait, Leest s’éloigna et se prit à imaginer les pensées de cette fille. Peut-être avait-elle vu en lui un père de famille nombreuse. La blague du siècle.

Tout en réfléchissant, il parvint au rayon des boissons. Il se mit à observer d’un œil curieux une brune lui rappelant drôlement quelque chose ou plutôt quelqu’un - de dos, du moins - mais il se dit qu’il devait probablement rêver et comme pour se changer les idées, il entreprit d’attraper un pack de bières, pack situé juste à côté de l’or tant convoité par la demoiselle. Au moment précis où sa main s’empara des canettes, la jeune inconnue bascula en arrière et finit son plongeon en arrière… sur lui. Encore sous le coup du choc, Black demeura silencieux, deux mains protectrices posées sur sa taille, persuadé qu’ils méritaient tous deux un lapse de temps nécessaire histoire de reprendre conscience. Sauf que non. Sauf qu’il n’eut pas ce temps. Parce qu’elle se retourna pour le remercier. Et qu’étrangement, c’est lui qui eut envie de remercier le ciel, la terre, Dieu, la vie, les oiseaux, le football, tout. Parce que c’était elle, là, sur lui. Et que voir son visage le stimulait plus encore qu’une électrode. Il se sentait vivant comme jamais.

Puis il entendit son prénom. Son sombre prénom. Et son visage se crispa ; son attitude aussi. Il se montra froid, distant même, car elle venait de lui rappeler son identité et par là même, la décision qu’il avait prise 6 mois plus tôt. Il eut du mal à déglutir et la fixa sans bouger, de nouveau impassible. Et pourtant Dieu sait qu’il ressentait des choses. Des choses absolument inexplicables car bien trop puissantes. Là, tout partout, en lui. Ca vibrait. Son cœur s’amusait à faire du trampoline depuis déjà une bonne minute maintenant. Comme elle était belle ! Si belle ! Plus belle que toutes les femmes qu’il avait croisé dans ce monde. Elle avait encore et toujours cette odeur de pomme. Appétissante, sucrée. Cette odeur qui faisait d’elle un fruit à croquer, à dévorer sur le champ. Sauf qu’elle ressemblait plus à un fruit interdit qu’à autre chose. Il enleva brusquement ses mains et détourna les yeux vers son pack de bière - résistant - et ses compotes - foutues, pour la plupart.


« …Ou plutôt ce qu’il reste de lui » lâcha-t-il sur un ton détaché tout en frottant légèrement son coude.

A nouveau il sentit d’innombrables regards s’attarder sur lui ou plutôt sur eux. Non pas parce qu’ils venaient de se ridiculiser - encore que ce soit possible - mais plutôt parce que tous semblaient se demander pourquoi l’air était soudainement devenu plus tendu, plus lourd. Les consommateurs du jour ignoraient encore que Lou et Black ne ressemblaient à aucun être humain normalement constitué. Ils se comportaient comme deux allumettes : il leur était tout bonnement impossible de communiquer autrement qu‘en s’enflammant.

Ses yeux, qui sont les yeux d’un ange,
Savent pourtant, sans y penser,
Éveiller le désir étrange
D’un immatériel baiser.


[J'ai pas pu résister hey]

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Lou Daste

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MessageSujet: Re: Amazing Ghost [R]   Jeu 23 Oct - 0:21

Comment en était-elle arrivée là ? Elle faisait ses courses, tranquillement. Menait sa vie, tranquillement. Tout allait pour le mieux dans son univers de jours qui passaient sans anicroches. Pourquoi son cœur s’était-il mit à battre si soudainement, comme si elle allait imploser d’un moment à l’autre ? Il lui semblait, en comparaison avec ce qu’elle éprouvait à l’instant, avec une telle intensité, qu’elle sentait son cœur pour la première fois et qu’elle vivait des émotions juste endormies pendant très longtemps.

C’est étrange comme on pense que sa vie s’est remise sur les rails. Tout va bien, jusqu’à ce que rien n’aille plus. Lou croyait s’être définitivement remise de toute cette affaire. Alors oui, c’était dur au début. Le vide, le silence, et surtout le manque. L’impression d’avoir perdu, tout simplement perdu la partie. Une sorte de déprime qu’elle avait toujours plus ou moins attendue – car oui, elle avait toujours sur qu’un jour Black la quitterait, on ne remporte pas de victoire contre la drogue. On est toujours seconde. Elle avait accepté cela pourtant, c’est lui qui n’avait pas été d’accord avec cette hiérarchie et qui avait mis fin à l’aventure. Comme le terme semblait adéquat ici, aventure. Sa vie en manquait cruellement depuis, et en manquerait toujours sans lui désormais. Rien n’était comparable à l’extase Leest. Mais il fallait – il avait bien fallu – reprendre une vie normale et Lou avait plutôt bien réussi.
Elle s’était dit, après de longues semaines de silence et de désarroi qu’elle devait remédier à son état. Les gens ne la supportaient plus et elle ne pouvait plus se regarder dans un miroir elle-même. On ne peut endurer son statut de loque indéfiniment : il y a un moment où l’être humain ne supporte plus de se détester. Alors elle avait adopté la méthode du clown. Prétendre être heureuse, afficher un sourire peinturluré, exagéré sur son visage. Elle s’était dit que peut-être, si elle feignait le bonheur, elle finirait par s’en convaincre et serait heureuse réellement. Et ça avait plutôt bien marché, étonnement. Lou avait retrouvé une certaine sérénité, même si elle s’accompagnait d’un désarroi profond et personnel, d’un vide déchirant et irremplaçable. Black ne voulait plus d’elle, il était parti, il avait fait son choix. Il était temps qu’elle fasse le sien.

Balivernes. Sornettes. Bêtises. Mensonges ?

Autant oublie tout ce qui précède, faire comme si vous n’aviez jamais rien lu. Aucune importance, plus aucune véracité. Black avait peut-être des marques sur les bras mais la cicatrice de Lou, celle qui était imprimée dans son cœur, ne s’était jamais refermée du tout. Comment avait-elle réussie à se duper aussi bien ? Merveilleuse, splendide actrice. Ton cœur est en vrac et le raz de marée intérieur qui vient de te ravager et si intense et si salé qu’il emplit tes yeux et s’apprête à déborder. C’était donc de la, que venaient les larmes ?

Elle se retint très fort. L’émotion était juste beaucoup trop submergeante, voilà tout. Black, son Black. Et tant pis pour le pronom qui était loin d’être d’actualité. En plongeant dans ses abysses d’un bleu toujours éclatant, sinon plus, elle eut un flash back, une rétrospective si rapide et déchaînée qu’elle en eut le vertige de leur court passé commun, qui pourtant semblait avoir duré des millénaires, voir une ou deux éternités. Ce flot de sensation la ramena dans le réel et elle sentit ses hanches lui picoter là où il l’avait rattrapé. C’était hallucinant, juste hallucinant. Bon Dieu ! Comment faisait-il cela ? Lui, ce fantôme, cette ombre toujours un pied dans la réalité, un pied au ciel. Même si Black pensait très certainement que cette association fut comique – il n’était rien d’autre que poussière, qui retournerait bien vite poussière, balayée par le vent des Enfers, selon lui.

Rien n’était plus faux. Rien ne serait jamais plus faux. Malgré tout le mal qu’il lui avait fait – même involontaire, elle en était sûre – il serait toujours un être divin supérieur envoyé sur terre par erreur, et qui se sentait si mal, si peu à sa place qu’il s’autodétruisait. La vision des choses de Lou était certes étrange, certes difficilement acceptable, mais c’était la seule qui lui semblait plausible et elle n’en démordrait pas. L’amour fait penser des choses étranges, dit-on.

L’amour oui . Rien de moins, rien de plus. Aussi poignant, aussi fort que la première fois. Elle eut envie de pleurer en se disant que rien n’y changerait – ni la séparation, et encore moins le temps qui passe. Il aurait pu s’écouler cent ans, que ses sentiments ne se seraient pas altérés d’un pouce. Qu’étaient six mois, en comparaison ?

Le trouble qu’il affichait reflétait parfaitement le sien. Son cheminement intérieur n’était sans doute pas comparable à celui de la jeune fille – il devait juste être horriblement gêné et souhaiter n’avoir jamais mis les pieds dans ce foutu supermarché. Elle s’en voulu de le mettre dans une situation si inconfortable, face à face avec la gamine dont on pouvait assurément lire sur le visage que c’était Noël avant l’heure. Avec un cadeau empoisonné qui ne lui appartenait pas, certes, mais tout de même. La gamine qu’il avait fuit et qu’il n’avait sûrement plus envie de revoir.

Elle chercha quelque chose à dire, vite . Elle grimaça imperceptiblement lorsqu’il évoqua les effets de sa chute mais les excuses se coincèrent dans sa gorge. Lou finit par prononcer la seule constatation inutile, stupide et ridicule qui lui vint à l’esprit lorsqu’elle eut posé les yeux au sol.


« J’ai ruiné toutes tes compotes » gémit-elle, faiblarde, un faible rose lui montant aux joues.

Dieu, que c’était pitoyable. Le début de la fin.
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Black Leest
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MessageSujet: Re: Amazing Ghost [R]   Ven 31 Oct - 23:35

Si la vie est un long fleuve tranquille alors pourquoi y a-t-il autant de marins désabusés ? Pourquoi les laisse t-on s’échouer sur l’île du désespoir ? Et que deviennent les âmes tourmentées qu’ils transportent sur leurs navires ? Pourquoi toutes ces voiles noires ? Pourquoi n’y a-t-il plus de place pour le rire ? Si la vie est un long fleuve tranquille alors pourquoi y a-t-il autant de naufragés ?

Black devait avoir une dizaine d’années lorsqu’il avait écrit ces quelques lignes sur son petit carnet, celui où il notait toutes les idées qui lui passaient par la tête mais aussi les citations de grands auteurs ou, en tout cas, celles qu’il jugeait judicieuses, et même parfois certains dialogues de films. C’était plus qu’un cahier littéraire. C’était un journal intime, façon Black Leest. Pas de dates, pas d’anecdotes personnelles, pas de confessions intimes. Juste un interminable flot de pensées, ci et là, griffonnées avec distraction, en diagonale, une écriture de l’ailleurs, digne de celle d’un poète, avec des lettres bâclées, comme s’il cherchait désespérément à se débarrasser d’un trop plein d’émotions, des pages déchirées, d’autres raturées. Bref, un brouillon désordonné. A l’image de sa vie. Au gré des mots, de tous ces mots, se matérialisait en fait la complexité du jeune homme, de ses humeurs et de ses ressentis, tout ce qui bouillonnait en lui, tout ce que sa voix préférait susurrer à l’oreille de son stylo, tout ce qu’il était malheureusement incapable de partager avec autre chose qu’un morceau de papier. Ses écrits avaient tout, vraiment tout, des pierres que laissait le Petit Poucet derrière lui - vous savez, dans le célèbre conte pour enfants - à ceci près que pour Black, ce n’était pas un moyen de retrouver son chemin mais une volonté, consciente ou pas, d’être trouvé. D’être cherché et trouvé.

Son errance n’était pas celle d’un aventurier. Elle ne résultait pas d’un choix délibéré mais d’une réelle contrainte. Black avait été abandonné au beau milieu de la vie. D’une vie vide. Et bien entendu, des emmerdes qui vont avec. Son errance, c’était donc avant tout celle d’un enfant paumé, d’un gamin devenu adulte par la force des choses, mais gardant toujours en lui cette blessure secrète, ce manque de repères, de guides. De parents, tout simplement. On lui avait appris à tricher au poker, à voler l’épicier du coin, à différencier la vodka du whisky, la coke de l’héro’ mais jamais on ne lui avait appris les sentiments : la compassion, la gentillesse, l’amitié, l’amour, toutes ces choses qui font qu’une personne ne se contente pas d’être là, parce qu’elle est née et que c’est comme ça, toutes ces choses qui font qu’un être se sent vivant parce que justement, il ressent. Un parfum, un regard, un mot, un contact. N’importe quoi! Mais quelque chose quand même. D’important, avec de la consistance et, surtout, avec une signification réelle. Chose à laquelle Black n’était que trop peu habitué. Ses sens somnolaient. Tellement qu’il en venait à ressembler à l’Etna, ce volcan qui hiberne bien plus qu'il ne s'extériorise.

Et puis pouf paf pouf. Décharge électrique - typiquement Dastienne hein - dans l’endroit le plus improbable qui soit, qui plus est. Black tenta de maîtriser son éruption intérieure. En vain. Il avait beau se contenir, il ressentait tout, vraiment tout, là, et puis là aussi. Partout. En lui. Ces retrouvailles avaient tout d’une claque - imaginaire - dans la gueule. La première de sa vie, soit dit en passant. Il aurait préféré qu’on le prévienne, qu’on lui dise ce que ça fait de retomber sur quelqu’un comme elle ; comme ça, il aurait pu prévoir et acheter une boîte de pansements efficaces, histoire de mieux panser ses plaies ou alors comme ça, il ne serait pas venu. Et il ne se retrouverait pas dans cette position affreuse, avec ce statut affreux - le naze ayant largué LA nana - et ce lui-même qu’il trouvait encore plus affreux que toutes les choses les plus affreuses au monde. Il était comme submergé par la lave de ses propres émotions, brûlé vif par tous ces non-dits, étourdi par ses propres battements de cœur. Depuis quand ne les avaient-ils pas entendu rythmer son existence, d’ailleurs ? Et comme un con, ou plutôt un inconscient, il la fixait. Il la fixait comme on fixe un mirage : avec désir et appréhension. Jusqu’à ce qu’il réalise que rien n’avait changé. Que rien ne changerait jamais. Parce que c’était elle. Parce que c’était lui. Parce que c’était Eux. Et qu’ils ne pouvaient pas se le permettre. Car Black préférait de loin souffrir de ce manque colossal - spirituel, mental mais aussi physique -, plutôt que d’être responsable d’une irrémissible chute. D’une overdose qui leur serait fatale, à tous les deux.


I am the needle
And you’re the vein
This is a moment that words can't explain.

« Oh. » Son regard se troubla alors qu’il cherchait nerveusement à poser ses yeux n’importe où sauf sur elle. « Les compotes, oui. » ajouta-t-il en se tournant finalement vers le pack Andros. « Euh. J’avais pas faim de toute façon. » Nul, naze, pourri, ridicule. Leur discussion - si toutefois on pouvait appeler ça une discussion - culminait VRAIMENT au summum de la merdicité. « Bon bah… » reprit-il subitement, tout en récupérant ses bières. « Je vais … » Il observa brièvement les rayons, à la recherche d’un endroit où se réfugier, pas trop frais, de préférence, mais il fut finalement rattrapé par ce sentiment de malaise - indescriptible - qui le prenait chaque fois qu’il se sentait regardé d’un peu trop près. « J’y vais. » conclut-il finalement, avant de se diriger vers les caisses, avec sa démarche atypique, celle d’un funambule suspendu à l’envers d’un cirque, son propre cirque. A l’envers du monde.

Et puis soudain, il se stoppa brutalement. Sans se retourner. Il avait tellement de choses à lui dire et si peu de courage pour passer à l’acte. Black était comme hanté par l’hésitation, le doute et surtout, la peur de merder. Pire, il redoutait de lui infliger l’impensable. S’il lui disait tout, s’il lui expliquait vraiment, au final, qu’est-ce que ça changerait ? Rien. Parce qu’il y aurait toujours l’autre. La drogue. Cette espèce d’amante, de prostituée, que certains achètent pour planer, d’autres pour oublier. Black fourra les mains dans ses poches et finit par se tourner vers elle, tandis que son esprit le martelait d’un « dis-lui-juste-que-sa-nouvelle-couleur-de-cheveux-lui-va-bien » avant qu’il ne soit trop tard, avant que vous vous perdiez de vue, avant qu’elle en ait un autre en tête - sa hantise. Il ouvrit légèrement la bouche, ça allait sortir, ça allait. Mais rien ne vint. Pas en parole, tout du moins. Son regard, lui par contre, en disait long. C’était la seule petite chose qu’il pouvait s’autoriser - et encore. La regarder. La toucher avec ses yeux. Point barre. Il baissa la tête, presque honteux, et surtout, complètement démuni. Quand Diable pourrait-il lui dire ces mots, ceux qui rongeaient son coeur depuis belle lurette ? Quand Diable pourrait-il conjuguer ce putain de verbe - aimer - avec ce putain de pronom ?


[*sort*]

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MessageSujet: Re: Amazing Ghost [R]   Lun 29 Déc - 0:24

Tiens, qui avait retiré toute l’eau du corps de Lou sans l’avoir prévenue, et sans qu’elle ne s’en rende compte? Elle essayait en vain d’avaler une salive inexistante. Apparemment, son corps avait oublié ce qu’il subissait en présence de Black… Mains moites, gorge sèche, yeux qui papillonnent, douleur mi-gênante mi-plaisante dans l’estomac… Être en la présence du jeune homme n’était pas chose aisée. Mais elle avait aussi cette étrange impression d’être stone. Lorsqu’on peut fixer un point, un objet ou une personne des heures durant sans avoir l’impression de perdre son temps… sans pouvoir en détacher les yeux… Son monde se recentrait automatiquement autour de lui. C’était carrément flippant. Dangereux.

Ses mains trouvèrent automatiquement les cheveux à la base de sa nuque pour les entortiller d’un geste brusque et nerveux. Ses ongles butaient contre son casque toujours autour de son cou, créant un rythme, une sérénade bourdonnant à ses oreilles. Elle était étrangement consciente de tous les bruits, toutes les nuisances sonores, tous les battements de cœurs - les siens et ceux de Black qu’elle essayait d’imaginer - autour d’elle, comblant le silence de cette absence de plus de six mois. Six mois, c’est court, ou c’est long? Il y a tellement d’interprétations à donner à une durée. Sans compter le point de vue de la personne. Ciel, qu’elle avait trouvé le temps long sans ses yeux bleus. Mince, que ce laps de temps était pourtant passé en un éclair! Une simple seconde! Pourquoi tout était-il si clair dans son esprit, le temps n’était-il pas censé effacer, détériorer, flouter rien qu’un peu les souvenirs? Pourquoi diable son esprit masochiste avait-il tout gardé intact. Elle se maudissait, oh oui, de voir qu’elle lui était toujours aussi vulnérable.

Une petite part d’elle - la rebelle, la revêche - avait le cœur pincé par l’amertume. Cela se résumait en trois simples mots: lui en vouloir. Il l’avait tout de même abandonné, purement et simplement. Et il ne lui avait pas dit au revoir, mais adieu. Un concept qu’elle avait eu énormément de mal à intégrer. C’était des adieux. Ce qui signifiait qu’il n’aurait pas du y avoir cette confrontation: Lou n’y était absolument pas préparée. Son cerveau avait intégré l’idée de plus jamais. Il y avait erreur, quelque part, dans le script! Et il en avait conscience… Il bafouillait, gesticulait, balbutiait et évitait son regard. Elle voulait lui crier de tout faire sauf cela: ses yeux lui avaient tellement manqués…

Mais le fait qu’il tente par tout les moyen de s’extirper d’elle faisait mal. Vraiment mal. Il voulait la fuir à tout prix, encore une fois, vite, vite. Et il s’en rendait si peu compte! Acteur de son propre film centré sur sa maladresse, il ne voyait pas, il ne la regardait pas, elle en attente, en suspension à ses lèvres qui lui avaient appartenues, autrefois. Il avait été à elle, rien qu’un peu, un tout petit peu, alors il n’avait pas le droit de partir comme ça après une discussion si triviale. Son fort intérieur s’insurgeait. Alors quoi c’était tout? Ca n’était que ça? Certes leur rencontre était fortuite, le fruit d’un pur hasard - bien que l’on pourrait disserter trois paragraphes sur la notion de destinée et de fatum cachée derrière tout cela - mais cela ne signifiait pas que c’était une erreur. Oh non. Lou Daste était une jeune femme déterminée, têtue, bornée et autre mots doux de la sorte. Black l’avait fait grandir. Un bien, un mal? Là n’est pas la question, le résultat était qu’elle savait gérer les angoisses de Monsieur et que la situation avait besoin d’une dédramatisation immédiate.

Mais alors qu’il se tournait, faisait quelques pas, et qu’elle cherchait le moyen de le retenir, il s’arrêta. Les mots fortuits se coincèrent dans la gorge de Lou alors qu’il se retourna. Et là elle comprit toute l’ampleur du drame.

Black était bien peu bavard comme garçon. Et la plupart des gens de ce genre communiquent par leur gestes. Mais Black est peu expressif comme garçon. Alors il parle avec ses yeux. Minimum d’efforts, maximum de résultat. Lorsqu’il planta ses abysses dans ses prunelles noisettes elle chavira. Naufragée de sa tempête. Elle y trouva une souffrance si grande qu’elle se sentie redevenir gamine soudainement. Oh qu’elle aimerait, si elle osait, si elle pouvait, juste poser ses mains de part et d’autre de son visage. Il n’aurait même pas à demander: elle consacrerait sa vie à tenter de faire son bonheur. C’était atroce et merveilleux de voir que ce n’était pas fini, il ne lui était pas indifférente et il ne pourrait le nier. Même si ça n’impliquait rien de plus que de le dire, cela faisait un effet de chaleur dans la poitrine de Lou. Une vague bienfaitrice.

Black. Il était là, il était beau, il était vivant.

Lorsqu’il baissa la tête, elle avança, de sa démarche de femme-enfant bullaire. Assez près, mais pas trop, pour ne pas le mettre plus mal à l’aise. Et aussi pour qu’elle ne s’évanouisse pas, ça ferait con, au beau milieu du supermarché. Elle imposa une trêve dans le drame avec un regard explicite et un sourire maladroit, en coin. Ils avaient tous les deux besoin d’air.


« Rien ne t’obliges à partir… ça fait longtemps. T’es pris là, tout de suite? Autrement on peut aller faire un tour, boire un café, dévaliser une banque… enfin c’que tu veux . » proposa-t-elle un peu anxieuse.

Mais elle ne lui laissa pas le temps de s’esquiver et se dirigea vers les caisses du magasin. Elle poussait son caddie comme s’il flottait sur le sol, sa vision dans un brouillard étrange. Lou ne s’était pas rendue compte qu’elle avait retenu sa respiration avant qu’elle n’expire d’un coup lorsqu’elle entendit ses pas derrière elle, signe qu’il la suivait. Il l’aida à mettre ses courses sur le tapis, observant les aliments avec précaution, et elle aurait donné n’importe quoi pour savoir ce qu’il pensait. Les pompotes à la fraise qu’elle avait prise eurent le droit à un examen particulier de la part de Black. Leur regards se croisèrent et elle baissa les yeux un peu gênée. Il paya ses bières de son côté, seules rescapées du boulet Lou.

Le calme apaisant de cette petite mascarade de vie de couple faisant son marché était surréaliste. Mais Black n’était pas le genre de personnes à qui l’on disait ‘comment ça va, depuis le temps?’. Et c’était ce qu’elle aimait chez lui. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, pensait-elle souvent avec amusement. Il l’aida à porter ses sacs jusqu’à sa voiture, en silence, à les mettre dans le coffre (bières comprises, ça fera une excuse pour revenir), toujours sans mot dire. Mais rien d’étonnant. Combien d’heures avaient-ils passé, l’un avec l’autre, la tête de Black posée sur les cuisses de Lou, dans le parc, pendant qu’il fermait les yeux et qu’elle lisait un livre de peinture, dans un silence parfait. A savourer la présence l’un de l’autre. Elle n’en savait rien pour lui, à cet instant, mais elle savourait pleinement sa proximité. Sa sombre silhouette. Ses avant-bras ciselés. Sa respiration lourde… Le temps lui était compté. Elle devait tout réenregistrer avant qu’il ne s’évapore. Elle s’occuperait de la douleur plus tard. Le coffre claqua dans un souffle.


« Merci. Pour euh… enfin les courses. C’est Jazz qui va être content, d’habitude j’en perds la moitié entre le magasin et la maison… » souffla-t-elle en se mordant la lèvre inférieure. « D’ailleurs je vais lui passer un coup de fil, si tu veux bien m’excuser. Je suis partie depuis un bon moment, il va finir par croire qu’il m’est arrivé quelque chose… enfin de grave, je veux dire » ajouta-t-elle en grimaçant.

Elle pianota le numéro d’Appolinaire, expliqua brièvement qu’elle allait flâner avec un ami et qu’elle rentrerait plus tard avec les courses.


« Voilà, permission fraternelle » clama-t-elle en souriant. Elle avait souvent du gérer son frère lorsqu’elle était avec Black, la situation avait un étrange air de déjà-vu.

Puis ce fut le moment M. Ils n’avaient plus rien à s’occuper, plus de mouvements à effectuer, plus d’actions sur lesquelles se concentrer. Juste elle et lui, yeux dans les yeux, passé face au passé, présents coïncidents, futurs en suspension. Était-ce possible de discuter? Ou était-ce s’infliger quelque chose à éviter? Lou était partisane des mots (plutôt de l’art visuel en général, mais faute de papier sous la main la conversation fera l’affaire) et elle savait que c’était le seul moyen de s’accrocher à lui.


« Je suis si heureuse de te voir » lâcha-t-elle dans un souffle beaucoup trop ému à son goût.

L’arrière goût mélo de ses mots lui déplut royalement. Elle regretta cette phrase immédiatement une fois l‘avoir prononcée, mais il était trop tard. Elle ne voulait pas que cela passe pour une forme de chantage affectif… mais son corps réagissait par automatismes en sa présence, elle l‘avait bien compris, et une fois ces mots prononcés, elle se rendit compte qu’elle avait légèrement levé sa main droite dans les airs comme pour le toucher. Sa main se referma rapidement sur de l’air et repris immédiatement sa place le long de son corps.

Elle eut presque envie de rire de la sublime métaphore de sa relation avec Black: de l’air qui file entre ses doigts.
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Black Leest
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MessageSujet: Re: Amazing Ghost [R]   Sam 17 Jan - 16:04

Ils s’éloignèrent des caisses, laissant derrière eux les commérages des caissières qui, naturellement, avaient interprété leur silence comme un signe néfaste, un peu comme s’ils brandissaient inconsciemment le panneau « Attention, couple en crise », s’extirpant aussi - par la même occasion - des griffes de leur passé greffé sur la moindre petite parcelle de leur être, chose que Black redoutait. Il considérait le passé comme révolu : par définition, il ne pouvait donc être pire. Le futur, lui, comportait un risque. Chaque pas en avant se soldait ou bien d’une réussite - encore que celle-ci ne soit jamais totale - ou bien d’une déception, le leurre les ayant tous deux mené vers un avenir non moins incertain que le présent. Mais ce n’était pas le problème majeur du moment, le dit ‘problème majeur du moment’ étant d’arriver à couper le courant alimentant le CD rayé de son coeur, enclenché sur ‘repeat’ depuis leurs retrouvailles, tournant en boucle jusqu’à lui donner le tournis, ressassant inlassablement le même refrain : une ritournelle pleine de cui-cui, d’amour et donc bien sur, une ritournelle oversaturée de Lou Daste.

Black se lança donc dans un florilège de statistiques intérieures - 1 couple sur 2 divorce ; 1 américain sur 3 est obèse ; 1 adolescent sur 5 n’a jamais touché à la cigarette ; 1 homme sur 10 maîtrise le tango - avant de réaliser qu’il était à court d’idée. Ils venaient de passer les portes automatiques du supermarché. Le froid s’engouffra dans ses vêtements avant même qu’il ait pu tirer des conclusions de ces statistiques - de toute façon, il n’y en avait pas -, se heurtant alors à la température corporelle anormalement surélevée de Black. Ce courant d’air qui aurait dû le frigorifier sur place - vu le peu de vêtements qu’il avait sur le dos - fut en fait perçu comme un rafraîchissement inespéré. Être aux côtés du radiateur Dastien s’avérait rapidement un supplice, voyez-vous. Il était dehors, juste à côté du coffre et la seule chose qu’il avait en tête, c’était ce fameux moment où, dans le supermarché, elle s’était approchée de lui à tâtons, un peu comme on approche une bête sauvage, ce fameux moment où la digne représentante du pays des merveilles - elle s’appelle Lou, il en est certain, n’écoutez pas les blaireaux incultes - avait franchi le no man’s land pour venir porter le flambeau de la paix - et plus si affinités - dans les tranchés ennemies. Il savait quel était le message. Sauf que son job à lui, c’était de fournir la réponse. Et comme d’habitude, il en avait été incapable.

Il fit mine de rien lorsqu’il la vit poser son pack de bière dans le coffre. Il ne chercha même pas à comprendre le pourquoi du comment il avait agi ainsi. Il n’y en avait pas. C’était juste une évidence. Et aussi, peut-être, effectivement, le gage d’une nouvelle rencontre, à déterminer même si d’avance indéterminable, désirée même si ‘pas désirable’ pour tout être normalement constitué... Oula. Panique à Mountain Road. Non non et non. Il avait encore merdé. Il aurait pas dû faire ça. Voilà, c’était foutu. Pourquoi il avait fait ça ? Pendant qu’elle téléphonait à son frère - encore vivant celui-là, lui qui croyait que l’espérance de vie des rabat-joie était à la baisse, dommage -, il tourna sa tête à gauche, puis à droite, scrutant l’horizon à la recherche d’une issue de secours, ou d’un magasin pouvant lui inspirer la moindre excuse bidon. Il devait ABSOLUMENT se tirer de cette situation dans laquelle il venait de s’empêtrer. Une situation dangereusement Dastienne. Trop tard. Elle raccrocha, lui fit un bref résumé de la conversation de sorte qu’il oublia complètement la règle numéro 1 la concernant à savoir ne JAMAIS JAMAIS O GRAND JAMAIS (…) la regarder dans les yeux. Piégé, il déglutit difficilement : la connexion était établie.

Diable que ça lui avait manqué! Ses yeux profond, abysses de pureté, capable de faire fondre n’importe quelle banquise. Ce regard vif, vidé de tout jugement, accueillant le plus paumé de tous les passagers en gare de la vie. Il n’y avait pas eu de feux d’artifices - non ça, ce sont les conneries qu’on raconte dans les films - en revanche, il y avait eu ce vertige étourdissant, cette sensation de chute indolore, cette impression d’avoir trouvé son oasis, d’être enfin - de nouveau - devant la seule source capable d’étancher sa soif. Les petits éclats d’indifférence qu’il tentait désespéramment de lui lancer - faute de pouvoir s’autoriser la vérité - n’étaient plus. Ils avaient été balayé par cet éclair foudroyant nommé désir, par ce regard électrique, momentanément dépassé par un surcroît inhabituel de testostérones, prêt à tout pour que cette attirance sauvage cesse, quitte à se jeter dans ce puit d’eau douce, bref, quitte à mourir électrocuté.

Oui, il la désirait. Non, il ne pouvait plus le nier. Plus maintenant. Parce que quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse, il avait la preuve que ses envies d’antan demeuraient les mêmes, que l’éloignement et le mensonge n’avaient rien changé et ne changeraient rien à son ressenti. Il désirait encore et toujours promener ses mains dans son petit cou, lui hurler son amour les soirs de pleine lune comme un loup, marcher à ses côtés sans parler, la couvrir de baisers, souffler dans son oreille et tant pis pour le soleil, caresser ses deux joues, faire le fou, recommencer à frissonner, admirer secrètement sa beauté, l’entendre chanter des louanges ou critiquer la société, s’échouer tendrement sur ses lèvres sucrées, la déranger, lui apprendre à siffler et accepter qu'elle l’initie à la danse, répondre au moindre de ses caprices sans exiger autre chose d’elle qu’Elle, ce pur délice. Il entendit sa phrase mais ne bougea pas d’un fil : le radiateur Dastien venait de le frigorifier sur place. Car même s’il mourait d’envie de lui rétorquer la même chose, il avait déjà intérieurement franchi bien trop de barrières pour s’autoriser à franchir celle-ci. Il vit alors sa main se refermer à mi-chemin et il se sentit bizarre, un peu comme un amouraché qui se serait lui-même arraché son seul amour, faute de n’avoir rien rétorqué.


« Tu peux ouvrir ton coffre ? » Il concentra toute son attention sur sa voiture - aussi jolie soit-elle, il n’en avait vraiment rien à foutre, ce fut donc très difficile -, dans l’expectative du moindre mouvement. Mais rien ne vint. Lou était étrangement immobile. « S’il te plaît » ajouta-t-il l’air visiblement gêné, pensant que le manque de politesse était à l’origine de tout ce foutoir.

Mais non, il ne l’était pas. Il fronça les sourcils, l’observant du coin de l’œil, puis finit par s'approcher, lentement, doucement, et lui retira délicatement les clés des mains. Une fois le coffre ouvert, il prit deux bières qu’il posa sur le toit de la voiture, évitant soigneusement de se retourner vers elle et, surtout, se prépara à la suite. La suite qui était probablement la plus grosse erreur de toute sa vie mais la suite qu’il avait prévu de faire quand même. Il lui devait bien ça. Il referma le coffre, glissa les clés dans sa poche - petite revanche inconsciente pour les bières ou acte prémédité ? Mystère - et grimpa à l’avant de la voiture. Il resta un petit moment dans cette posture indélicate du capitaine d'un navire sans matelot à bord, avant de se décider à lui tendre la main - tout le monde applaudit ce petit pas pour l’humanité, ce grand pas pour l’homme s’il vous plaît -, avec l’irrésistible envie de sourire. Tout ce grabuge lui rappelait tellement leur bordel d’antan! Il veilla toutefois à garder une distance de sécurité - elle l’avait eu une fois en le piégeant dans ses yeux de déesse, c’était suffisant - de sorte que lorsqu’elle le rejoignit, il s’était presque déjà à moitié esquivé, en direction du toit.


« Toi et moi on a jamais vraiment fini nos discussions. » lança-t-il finalement, mettant fin à cette aura de mystère. « Je sais que j’suis pas le type le plus bavard du monde mais il y a des choses à éclaircir sans qu’on se défile tous les deux. » Comme elle venait de le rejoindre sur le toit, il fut prit d’un nouveau vertige - moins puissant mais difficile à gérer quand même -, mais se dit que ce n’était pas le moment de battre en retraite pour autant. Il allait redevenir, pour un temps, cet être plus bavard - bon, n'exagérons rien non plus hein -, plus souriant, et même taquin, celui qu'il était devenu à son contact, celui qu'il sentait présent, vivant, encore, quelque part en lui. Il allait donc se lancer dans le plus long soliloque de toute sa vie façon Black Leest l'ancien. Pour elle. Pour eux. « J’aurais pas dû te… » Quitter. Oui certes. Mais Black détestait ce mot. D’ailleurs, il ne l’avait pas quitté. Non, dans son monde de junkie paumé et irresponsable, il l’avait juste… « laisser comme ça. » Il s’empara de sa canette et s’assit sur le rebord de la voiture, le regard dans le vide, car le vide et l’horizon l’effrayaient moins que ses prunelles à elle. « Je suis désolé Lou. Pour tout. J’aurais jamais dû te laisser croire que nous deux ça pourrait marcher parce que je savais que ça ne - ».

Brusquement, il se jeta sur le sol, contre la voiture garé à côté, et resta de dos. « Non je peux pas dire ça. Pourquoi c’est si dur de… » Te mentir à présent alors que je le fais tout le temps. Il se retourna finalement, après avoir lancé le plus grand des soupirs qu’on ait jamais entendu. « Bon sang mais qu’est ce qui tourne pas rond avec nous. On se retrouve dans un coin paumé où PERSONNE ne devrait se retrouver » dit-il en haussant le ton, avant d’engloutir une bonne moitié de sa canette, « pas même Leonardo DiCaprio et Kate Winslet pour un énième film ensemble, c’est dire, et… ». Il se stoppa à nouveau, réalisant ce qu’il venait de dire. « Tu vois, c’est pour ça que j’aime pas quand je parle. » conclut-il l'air légèremet renfrogné, comme si l'habituel Black Leest venait de reprendre possession de son corps, puis leva la canette en l’air pour observer méticuleusement l’étiquette. « A moins qu’on est mis des amphét’ là-dedans » conclut-il en riant légèrement - rire nerveux bien sûr -, puis plus du tout. La drogue. Ca vraiment, il aurait dû éviter.

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MessageSujet: Re: Amazing Ghost [R]   Mar 28 Avr - 1:59

Fallait-il toujours qu’elle ait le rôle de la frêle et innocente petite créature? Blanche et pure, inébranlable, mais celle qui forcément, souffrira en silence. Certes le rôle de la princesse endormie ne peut sied à Black. Ce serait ridicule et totalement inapproprié. Mais tout de même, se sentir sans cesse troublée, déstabilisée là où il pouvait changer de sujet comme de chemise, était d’une injustice flagrante. Son image de petite fille ne l’avait jamais dérangée jusque là. Jusque là quoi? Jusque là lui. A partir du moment où elle l’avait rencontré, ce reflet angélique dans le miroir la perturba. Elle avait tout de suite sentie qu’il allait croire la salire. L’entacher, l’altérer même, ce qui est tout de suite plus permanent. Il avait ce regard connu sur le monde extérieur, cette expérience dans la vie qui lui permettait de prendre des décisions radicales pour son bien et ce qu’il croyait être le bien des autres. Une forme de maturité peut-être. Qui aurait passé pour un caprice si cela avait été initié par Lou.

Mais elle, elle, ce n’était pas un petit être téméraire cherchant à se brûler les ailes pour un peu d’action, d’adrénaline. Ce n’était pas la petite conne du coin voulant fricoter avec le mal, le danger. Elle se reconnaissait en lui, bien plus que Black ne voudrait le croire. Ils étaient peut-être bien deux opposés qui s’attirent funestement, mais au final, on se reconnaît toujours un peu dans son opposé. Après tout, ils n’étaient que deux inadaptés, s’adaptant l’un à l’autre. Et c’était tellement suffisant. Pourquoi avait-elle été la seule à s’en rendre compte? Pourquoi était-elle la seule à l’affirmer à voix haute? Elle pouvait se salir. Elle pouvait mettre les mains dans la boue s’il préférait. Alors aurait-il moins l’impression de briser du cristal. Elle ne voulait pas être du cristal, s’il préférait boire dans un simple verre. Seulement ça n’était pas aussi simple! Un peu de paradoxe permettait à l’histoire de se compliquer. Lou savait pertinemment que sa candeur et son innocence étaient la clé même de ce qui plaisait à Black en elle. Il ne regardait même pas les autres filles, elle l’avait tout de suite remarqué, dans les mois passés à l’observer. Tout jeu, toute perfidie, toute superficialité même amusante lui passait au dessus de la tête. Seule la spontanéité sincère de Lou lui apportait du neuf dans son cœur usé. Alors spontanée elle restait, même si tout cela la conduisait à sa perte.

Et puis ça n’était pas comme si elle pouvait calculer quoi que ce soit, certainement pas son propre comportement, lorsqu’il agissait de la sorte! Que faire hormis rester là, les yeux hagards, lorsqu’il demanda à ouvrir le coffre. Comment ça, déjà? Mais enfin, mon âme, il ne pouvait déjà songer à s’enfuir là où elle avait fait tant d’efforts pour l’amener jusque ici. Non, il ne récupèrerait pas ses bières pour prendre la poudre d’escampette. Cette poudre n’existait pas, pour l’amour du ciel, il ne pourrait que courir et elle le rattraperait. Elle contracta les muscles de son bras, mais fondit douloureusement à l’évocation de son rajout de politesse. Black demandant la permission lui donnait des démangeaisons dans la gorge, et son poing se délia tout naturellement lorsqu’il se saisit des clés dans sa main. Elle espérait de tout cœur qu’il n’ait pas entendu le petit grognement étranglé qui resta coincé dans sa gorge au contact de leurs mains. Mais lorsqu’il referma la coffre et glissa les clés dans sa poche, elle poussa un soupir de soulagement. Un sourire crispé vint même étirer un coin de lèvre. Quelle était cette mise en scène insoutenable? Ce retour en arrière aux extravagances lorsqu’il grimpa dans sa voiture? Tout à coup le ciel fût bleu, les vent cessa de souffler, tout était beau. La perfection atteint son apogée lorsqu’il lui tendit la main pour qu’elle prenne place à ses côtés. La simplicité, n’est-ce pas là une douceur irremplaçable? Lou le pensait. Lou le criait par chaque pore de sa peau, espérant que les vibrations altèreraient la vision des choses de Black. Lorsqu’il s’échappa sur le toit, elle le suivit. On voyait mieux le monde d’en haut, on comprenait mieux les choses en hauteur. Le message était clair, elle irait où il ira, rien ne sert de tenter l’évasion.

Alors il se mit à parler. Et à parler. Quelque peu, tellement beaucoup! Elle s’était attendue à tout sauf à cela. Tout sauf ça. Lou était prête à sortir sa pince à extorquer les mots là où il semblait laisser couler quelques sentiments dévoilables. Jamais elle n’aurait cru qu’il parlerait du passé. Il exécrait le passé, n’y voyant que des erreurs sûrement, elle ne saurait dire. De son côté, le passé la faisait sourire dans les larmes, il était bon et destructeur à la fois. Lorsqu’il évoqua leur relation, son cœur faillit exploser. Elle avait parfois l’impression qu’il avait voulu la nier, voir qu’elle avait tout inventé dans sa tête. Ce petit bout de réalité la fit revivre, même si ce qu’il dit la révoltait. Lou s’apprêtait à ouvrir la bouche en signe de protestation - de toute façon, il ne la regardait pas - mais se tût, ayant peut de briser sa verve.

Je suis désolé… je n’aurais pas dû… certes. Mais lorsqu’il laissa presque sous-entendre que cela avait été une erreur, elle fronça les sourcils et déglutit. Hors de question de le laisser dire, penser, envisager une chose pareille. Il ne pouvait dénigrer une chose que Lou avait tant chéri! Même si les choses n’avaient pas eu tant d’importance pour lui (il s’était tant préservé secrètement), elle avait besoin de ce souvenir. Puis il bondit hors de leur petit espace surplombant le parking pour retrouver le sol. Elle le suivit des yeux et baissa la tête, ses mèches folles encerclant son visage. Elle ne cessait de triturer le lacet de sa chaussure, et de tirer sur ton t-shirt blanc qui découvrait ses hanches légèrement, laissant passer l’air. Les quelques frissons qui en résultait lui faisant cependant du bien, un peu de fraîcheur pour calmer cette drôle d’ardeur un peu étouffante.

Et elle rit. Elle rit un peu de ses bêtises et de ses phrases étranges. De Leonardo et de la bière aux amphétamines. Des excuses lamentables du jeune homme qu’elle retrouvait plus humain que jamais, au plus grand désarroi de Black très certainement. Il lui avait déjà fait part une fois, alors qu’il devait encore avoir quelques effets de la drogue s’estompant, laissant son esprit divaguer sans pour autant en dire trop, qu’il préférerait être un animal. Plus vrai, moins corrompu, et moins délicatement embourbé dans les émotions humaines viles et compliquées. Ou quelque chose du genre. Le défi de Lou était toujours d’essayer de suivre le fil de pensée du jeune homme. Elle l’avait donc laissé parler sans l’interrompre aucunement, et hocha la tête sur le côté, défaisant sa position en tailleur pour laisser balancer ses jambes dans le vide.


« J’aurais commencé par toi et moi n’avons jamais vraiment discuté. Mais il vaut mieux tard que jamais, non? » introduit-elle avec un sourire taquin.

Bien sûr, lorsqu’elle disait discuter, elle sous-entendait discussion de tout ce qui rapportait à leur relation, aux sentiments, et à tout ce bullshit concret ennuyeux mais parfois nécessaire.


« C’est moi qui suis désolée de te mettre face à une situation pareille, tu sais. Je me doute que je suis la dernière personne que tu aurais aimé recroiser un jour dans ta vie. Jamais. Mais maintenant que c’est fait, et qu’on ne va sûrement pas retourner en arrière alors fais toi une raison, tu sais bien qu’il y a des choses que je ne te laisserai pas dire… » continua-t-elle.

Elle s’empara de sa bière non ouverte sur le toit et glissa avec plus ou moins de grâce sur le sol. Se rasseyant en tailleur devant lui, elle joua avec le contour de la cannette sans l’ouvrir. Autant avoir les idées claires, elle n’allait pas se permettre des divagations aujourd’hui, malgré sa gorge sèche. La proximité retrouvée lui fit perdre un peu de sa confidence, mais elle tenta de retrouver ses esprits. Toujours regardant le sol, elle se gratta le cou nerveusement.


« Pourquoi tu t’excuses. Y’a rien de plus moche que de s’excuser de ce qui a pu se passer entre deux personnes. Je t’ai pardonné depuis longtemps… » dit-elle doucement. Lou leva les yeux, et papillonna légèrement des cils lorsqu’elle observa son visage si étrangement impassible et expressif. Comment un tel paradoxe peut-il exister? « Il n’y avait rien à pardonner de toute façon. Tu as fait un choix, c’est tout. Ne dis pas de bêtises après coup maintenant, c’est tout » finit-elle avec un sourire doux amer.

« Et puis moi j’aime bien quand tu parles, surtout si c’est pour évoquer Di Caprio! » lança-t-elle avec un petit rire. Elle se mordit la lèvre inférieure avec malice. « Arrête de blâmer cette pauvre bière, t’en a pas assez bu pour divaguer de toute manière. »

Mais il valait mieux éviter de mentionner la drogue. Et pourtant, Lou ne pouvait la haïr. Elle faisait partie de Black, elle n’était pas tellement une rivale. Il n’y avait jamais eu de compétition. C’est lui qui perdait la tête rien qu’à l’évocation du mot, et elle sentit qu’elle le perdait lorsqu’il baissa les yeux. Elle se racla presque imperceptiblement la gorge.

« Tu… tu es venu en vacances? » demanda-t-elle pour un peu plus de trivialité, moins de conséquences. Et un peu de curiosité à satisfaire.

Oh, comme tout cela s’annonçait surréaliste. Deux étrangers qui se connaissent par cœur discutant sur le parking d’un supermarché, cachés entre deux voitures. Pouvait-il exister quelque chose de plus adéquat, de plus improbable? Espérons que non, ces protagonistes auront besoin de tout l’improbable du monde pour se compliquer un peu plus l’existence. La complication, rien de plus effectif dans les relations humaines. « L'homme devrait mettre autant d'ardeur à simplifier sa vie qu'il en met à la compliquer. » Sage homme, cet Henri Bergson.
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MessageSujet: Re: Amazing Ghost [R]   Dim 3 Mai - 17:24

Elle était assise sur le toit de la voiture, face à lui, confiante, telle Jasmine sur le tapis volant, les turbulences en moins ; ses deux jambes barbotaient dans le vide, comme habituées au néant ou, en tout cas, à ne trouver que très rarement de supports suffisamment solides pour s'y appuyer complètement. Lou n'avait jamais été plus à l'aise que dans les hauteurs : elle préférait déambuler sur des murets, grimper aux poteaux, s'asseoir sur une table, marcher sur des bancs, se hisser sur un dos, escalader les statues. Il y avait là presque une recherche de l'élévation, du moins, c'est ainsi que l'avait toujours interprété Black, une sorte d'effort constant visant à ne toucher le sol qu'en dernier recours. Son univers, perché en l'air, ne lui laissait pas d'autre choix que celui d'accrocher son corps et ses pensées aux nuages, avec une insouciance démesurée, lui faisant parfois même oublier la réalité. Et en dépit des risques encourus – on ne comptait plus le nombre de fois où elle avait failli se casser un membre – Black n'avait jamais cherché à la changer : il se plaisait à voir dans son prénom la trace indélébile – la lettre L – de son identité, de son caractère lunaire, mi-lune mi-air, et se refusait donc à lui couper son L, ce L qui, précisément, faisait qu'elle était Elle.

Adossé contre la voiture d'à côté, Black semblait quant à lui quelque peu embarrassé. Et, pour le coup, bien qu'il ne se balade jamais sans son petit air implacable, Lou le devinerait aisément : le temps passé en sa compagnie lui avait en effet appris à détecter les moindres petites expressions et/ou rictus ; seule l'interprétation lui échappait encore. Black n'était pas dupe : il savait qu'elle avait en son fort intérieur un doctorat en « analyse comportementale », pire, qu'elle avait eu mention T.B en prenant la spécialité la plus ardue : l'étude de Black Leest. Elle ne pouvait pas savoir ce qu'il avait en tête mais elle pouvait – parfois – capter ce qu'il avait dans le cœur et détecter, par exemple, un silence de gêne ou un silence de dépit entre mille. Elle ne s'en vantait jamais ni même ne cherchait à afficher ce savoir, peut-être avait-elle compris qu'à agir ainsi elle ne ferait que l'effrayer. Lorsqu'elle parvenait à sonder le fond de son âme, elle le regardait toujours avec une délicatesse telle qu'il se sentait respecté dans son intimité et non outragé. Et c'était peut-être aussi l'une des nombreuses raisons pour lesquelles il était véritablement tombé amoureux d'elle : elle était la première fille dont la considération ne provenait pas d'un tempérament masochiste – bon nombre de filles se sentant étrangement attirées par son côté toxico – ni même d'une attirance pour son physique qui, il est vrai, en laissait plus d'une avec des étoiles dans les yeux, non, elle était la première, la seule, en somme, à n'avoir vu en lui rien d'autre que ce qu'il était.

Il jeta un furtif coup d'œil dans sa direction, profitant du passage d'un avion au-dessus de leurs têtes, puis, comme elle suivit la trajectoire du charter, les deux yeux agrippés au gris du ciel, il en profita pour l'observer plus longuement sans ce panache habituel qu'ont les prédateurs mais avec toutefois ce regard-laser qui, quoiqu'il fasse, ne le quittait jamais. Il se souvint aussitôt, en fixant ses pieds, de leur douceur incroyable, une vraie peau de bébé, de cette cicatrice qu'elle avait derrière le genou, de cette sensibilité inouïe au niveau des hanches, de ces grains de beauté, sur son bras gauche, qui traçaient la Grande Ourse à l'envers. Et plus il la décryptait, plus sa main allait et venait à sa droite, le long de la voiture, et plus il se remémorait toutes les particularités de la jeune femme, plus ses doigts frôlaient la carrosserie, lentement, puissamment, comme s'il semblait avant tout caresser ces souvenirs. Il l'effleura donc du regard jusqu'à ce que soit trop, jusqu'à ce que sa main, à bout de souffle, gémissante, vienne serrer la poignée, l'étouffer même, et qu'il se retourna brutalement, incapable de résister plus longtemps à la violence sensuelle de ces images qui l'assénaient, le perturbaient et le hantaient chaque fois qu'il se laissait aller. Elle se mit alors à répondre à son monologue tandis qu'il lui tournait le dos - qu'importe, il n'y avait jamais vraiment eu de quelconques convenances entre eux, de toute manière - et lui fit remarquer qu'ils n'avaient, en fait, jamais vraiment discuté. Les deux coudes de Black, plantés sur la voiture, ne bougèrent pas d'un fil, mais il tourna la tête vers elle, visiblement amusé par sa réplique, et expira dans un souffle souriant.


[FLASHBACK]


Depuis quelques semaines maintenant, Black ruminait, affichant jour après jour cet air irrésolu qui le prenait chaque fois qu'il se retrouvait dans la posture de l'indécis, il hésitait, traînant le poids de son doute derrière lui, il errait, seul, empêtré dans des tergiversations intérieures, allant parfois même jusqu'à s'égarer sur le chemin escarpé des tourmentés. Depuis que Lou lui avait annoncé qu'elle partait pour Berlin, dans le cadre de ses travaux à l'école des Beaux-Arts, il avait sombré dans un silence que même lui peinait à comprendre. A 21 ans, il avait vécu, ressenti, subi, dans toute sa splendeur, le « dilemme cornélien ». Car le départ de Lou représentait, en soi, une occasion en or pour la quitter. Pour tout arrêter. Tant qu'il était encore temps. Une occasion qu'on ne lui accorderait peut-être pas deux fois de suite. La vie lui apportait sur un plateau d'argent tout ce dont il avait besoin pour une rupture. Il n'avait plus qu'à se servir de la distance pour mettre un terme définitif à leur histoire.

Appuyé contre le rebord, à l'unique étage de l'aéroport, Black observait vaguement le tohu-bohu des départs et des arrivées, comme préoccupé. Il assistait, pantois, à la course effrénée de tous ces passagers qui, étrangement, se hâtaient vers un futur sans se soucier le moins du monde de leur présent, de ce présent qui bientôt ne serait plus que passé, de ce présent qui renaîtrait dans le futur, rendant cette quête de l'avenir dérisoire car fondamentalement « unreachable ». Il aperçut finalement Appolinaire, au rez-de-chaussée, alors qu'il quittait le groupe des voyageurs, à contre cœur, laissant Lou en proie à sa solitude. Black lui avait dit qu'il ne viendrait pas. C'était mieux ainsi, ça amorcerait – aussi – plus facilement la séparation. Pourtant il était là, comme un idiot, à se demander s'il ne valait pas mieux lui dire en face, lui dire qu'à son retour, il ne serait plus là. Peu à peu, il vit l'échéance approcher sur les grandes aiguilles de l'horloge et se sentit brutalement investi d'une mission : il devait réagir. Il regarda le sac qu'il tenait dans les mains et descendit les marches avec cet aplomb qui le caractérisait tant, n'ayant qu'une seule ligne de mire en vue. Il se posta alors devant Lou, l'air mal assuré, pour le coup et se racla légèrement la gorge.


« Blaaack ! » cria t-elle aussitôt, mi-étonnée mi-aux anges, avant de lui sauter dessus.
« On m'a dit que la bouffe des avions était dégueulasse » fit-il en essayant tant bien que mal de protéger son paquet de l'étreinte-made-in-bisounoursland de Lou. « Alors j'me suis dit que j'allais t'apporter des encas, au cas où. »
« Les passagers du vol KLM 128 sont priés de se rendre au hall B4 pour l'embarquement. »
« C'est nous les enfants ! » s'exclama une vieille dame, probablement l'une des enseignantes-accompagnatrices, avant d'inviter tout le monde à la suivre.
« Bon » fit-elle en se mordillant légèrement la lèvre, alors qu'autour d'eux, les couples s'embrassaient goulûment, les amis se prenaient une dernière fois dans les bras et les parents inquiets prodiguaient leurs derniers conseils. « A dans deux semaines. » conclut-elle finalement, la voix légèrement enrouée par l'appréhension. Puis, ne pouvant retenir plus longtemps son émotion, Lou s'approcha finalement, tout doucement et se serra contre lui, maladroitement, sans l'emprisonner, parce qu'elle savait qu'il ne pourrait être heureux derrière les barreaux d'une cage sentimentale. Lorsqu'elle s'écarta, il vit des larmes de tristesse creuser de mini-colorados sur ses joues et sentit son cœur se briser. Il avait été assez con pour la sous-estimer, pour croire qu'elle ne verrait pas clair dans son jeu. Mais elle avait compris. Elle avait tout compris. Sans qu'il ait besoin de lui dire quoique ce soit. Pendant tout ce temps, elle n'avait rien dit mais elle avait toujours su qu'elle le perdrait. Et que ce serait ce jour là.
« Lou, dépêche toi, on t'attend. »
Black baissa la tête, complètement perdu, comme si tout ce qu'il avait prévu depuis des lustres s'était subitement envolé en fumée ; l'actrice principale de sa vie venait de réussir le plus inattendu de tous les coups de théâtre. Et lui, pauvre scénariste, se retrouvait dans la posture de l'arroseur arrosé. Il réalisa qu'elle avait dû vivre, elle aussi, avec ce poids, durant toutes ces semaines. Et ça le dépassait. C'était trop dur, de la voir ainsi s'effriter sous ses propres yeux. Elle pivota légèrement, prête à rejoindre sa troupe d'artistes et à abandonner leur partie, lorsqu'il se risqua à un échec-et-mat : Black passa en effet deux doigts à l'endroit où l'on est censé mettre une ceinture, vous savez, sur un jean, avant de la ramener contre lui, avec une douceur brutale, inhabituelle. Il frôla ses lèvres parfumées, inhala une dernière fois l'odeur de sa peau, au niveau de son cou et murmura au creux de son oreille.
« A dans deux semaines. »

C'était comme ça. Entre eux. Pas forcément de baisers. Pas forcément de câlins. Pas forcément de discussions. Jamais d'exagération. Juste du sens. Et une promesse, tacite, ayant bien plus de poids que n'importe quel autre démonstration affective.

Il l'attendrai.


[/FLASHBACK]


Il entendit un bruit bizarre – elle venait probablement de s'asseoir par terre – mais ne se retourna pas pour autant, préférant d'abord chasser ce souvenir qui, comme tous les autres, n'avait de cesse de lui revenir à l'esprit, sans prévenir, un peu comme une mauvaise herbe qu'on croit anéantir mais qui revient toujours, chaque fois plus forte encore. Il attrapa la canette qu'il avait posé un peu plus loin sur le toit, du bout des doigts et se mit à boire, pas pour le plaisir ni même pour combler un vide, juste pour se rafraîchir les idées. Alors seulement, après, il put se retourner. Lou était en train de lui répondre, il en avait donc déduit que, bientôt, ce serait son tour d'argumenter. Et il tenait, par respect pour elle – et aussi, c'est vrai, pour éviter qu'elle ne perçoive dans cette gêne son statut d'ex toujours amoureux – à lui parler face à face. Dès qu'il entendit le mot « pardonner », son visage se crispa à l'extrême. N'existe-t-il pas pire aberration que le pardon ?

« Non, ce n'sont pas des conneries. C'est la vérité Lou. Et tu le sais » fit-il en déposant à nouveau sa canette, sur un ton très calme. « Si dès le début je t'avais remballé, vraiment et à chaque fois, on en serait pas là. J'ai agi comme un imposteur. Et en te mentant j'me suis menti à moi-même. » Il baissa alors la tête, une fois de plus, parce qu'il n'y avait pas là de quoi tirer une quelconque fierté. Black s'en voulait réellement. D'avoir été si égoïste, d'avoir mis un masque sur sa vraie personnalité, d'avoir ignoré volontairement une fin qu'il savait pourtant inévitable, tout ça pour quelques mois de plaisir, et encore. Il ne regrettait pas leur relation, non, pas le moins du monde, il regrettait simplement sa faiblesse initiale, celle qui l'avait encouragé à accepter de partager un bout de son sombre chemin avec elle.

Et il se souvenait encore de cette fameuse nuit où il l'avait revu - car Dieu sait qu'il l'avait ignoré et/ou envoyé chier une multitude de fois auparavant -, de cette nuit fabuleuse, déroutante, de cette fameuse nuit où tout avait basculé. Vraiment tout. Il la revoyait encore, assise sur la balançoire du square principal de sa rue, plus rayonnante que toutes les étoiles du ciel réunies et il se revoyait encore, lui, le monochrome noir, tout exténué par sa nuit de deal, il se souvenait même n'avoir rien gagné, ou presque, ce soir là, et il ressentait encore, aussi, ce truc bizarre, même des années après, ce truc là, qui l'avait poussé à lui répondre, plutôt qu'à l'ignorer et à aller s'injecter sa coke et il se souvenait aussi avoir eu cette réaction idiote, protectrice, à savoir lui ramener les chaussures qu'elle avait laissé au bord, et il la revoyait, elle, naïve, le questionnant sous le clair de lune, lui, abimé, la mettant en garde contre les seringues qui traînent souvent dans le sable, ce même sable où elle avait marché pieds nus pour atteindre la balançoire. Jamais il n'était tombé sur quelqu'un d'aussi vrai. D'aussi vivant. Ça lui avait presque donné envie.


« On peut dire ça comme ça » concéda t-il avec une pointe de mystère, tout en s'asseyant en face d'elle, comme s'il craignait de la faire souffrir à nouveau en lui confiant des bribes de lui-même, bribes auxquelles elle s'accrocherait très certainement. « Tu travailles maintenant, non ? » l'interrogea t-il à son tour, en rabattant ses jambes contre lui, adoptant un air naturel bien que rien ne le soit réellement dans cette discussion.

Edit : je tiens à préciser que j'ai, pour je-ne-sais-quelle raison, voulu mélanger un peu mes différents styles d'écriture, ce qui peut rendre le tout bizarre, donc, si tel est le cas, je m'en excuse, c'était une expérience Arrow

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ELUE PLUS GRANDE FAN DE SIMPLE PLAN.
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